Interview de Chantal JANNET

 

Découvrez toute l’action 2017 du Fonds de dotation QUALITEL expliquée par la Présidente : les projets de l’appel à candidatures 2017, des visites à la rencontre des anciens lauréats, un partenariat avec la plateforme de financement participatif Les Petites Pierres, la recherche d’un mécène pour le lancement d’un appel à projets commun…

 

 

1. Quels sont les objectifs de ce fonds ?

Le Fonds de dotation QUALITEL a été créé en 2012 avec la volonté de répondre à la mission d’intérêt général de l’association. Son objet est ainsi de soutenir toutes missions d'intérêt général à caractère social ou scientifique, selon 3 grands axes : 

  • Le logement et l’hébergement des plus défavorisés ;
  • L’éducation et la formation à l’appropriation et à l’utilisation du logement, car nous avons constaté une grande méconnaissance de certains publics sur ces questions ;
  • La recherche fondamentale portant sur la prévention, l’hygiène, la santé publique, les pollutions et nuisances, la défense de l’environnement naturel… Une recherche qui va dans le sens de la qualité de la vie à l’intérieur mais qui diffère des études que Qualitel peut mener par ailleurs.

Nous soutenons également les initiatives numériques en lien avec les critères précédents sur le logement, son bon usage et la recherche.

L’objectif de ce Fonds est de soutenir des projets innovants et emblématiques. La notion de « participatif » est également très importante pour nous : la responsabilisation et l’implication des occupants nous paraissent absolument essentielles.

2. Que pouvez-vous nous dire de l’édition 2017 et de ses lauréats ?

L’édition 2017 se distingue des années précédentes par le nombre de candidatures, qui a plus que doublé. Au total, nous avons reçu 124 dossiers. De France métropolitaine bien sûr, mais aussi d’outre-mer. Le Fonds gagne en notoriété et en visibilité, ce qui est une très bonne chose. Cette année se distingue des autres également par la grande diversité de profil des projets proposés. Les candidatures que nous enregistrons sont toujours plus variées, toujours plus claires et structurées dans la présentation de leurs éléments. C’est très gratifiant.

De plus, chacune de nos catégories d’intervention a été abondamment sollicitée, la catégorie recherche notamment alors que nous avions des difficultés à la toucher lors des exercices précédents. Très peu mise en avant depuis 2012, cette édition aura permis de récompenser la recherche à part égale avec nos trois autres axes d’intervention.

Conséquence des flux migratoires puis du démantèlement et de la fermeture de campements de migrants, la thématique des réfugiés est très prégnante cette année. Le Fonds a tenu à s’engager en faveur de l’hébergement de ces familles qui ont besoin d’un logement pérenne pour reprendre pied et commencer à s’insérer socialement. Nous avons aussi reçu beaucoup de candidatures visant à aider des femmes isolées sans ressources victimes de violence, de la traite d’êtres humains dans les cas les plus graves. Des sujets lourds et très préoccupants de femmes prises dans des réseaux de prostitution et de travail forcé à qui l’on offre un abri, un lieu de vie sécurisé et stabilisé le temps de les orienter vers les structures appropriées…

Mais aussi de beaux projets visant à favoriser, grâce au numérique, la cohabitation intergénérationnelle afin de lutter simultanément contre deux problématiques qui nous sont chères : l’isolement des aînés et la précarité des jeunes ayant des difficultés à se loger, surtout à Paris.

3. Après la remise des prix, l’association réalise-t-elle un suivi tout au long du projet auprès de l’organisme ?

A mesure que le Fonds gagne en maturité, le suivi des projets devient de plus en plus systématique. C’est une exigence élémentaire à laquelle il faut se plier. Dans le cadre du soutien accordé, les lauréats doivent nous transmettre l’état d’avancement et l’état final du projet soutenu.

Cette année, le Fonds est allé, lors d’une journée d’étude à Marseille, à la rencontre de certains lauréats de 2015, l’Apcars, la Fondation de l’Armée du Salut, Soliha et Habitat Alternatif Social (ajouter le lien vers l’actualité et vers les fiches projets). Au contact des bénéficiaires, ce rendez-vous nous a permis de mieux appréhender la réalité des projets subventionnés, de s’assurer de leur pérennité et de mesurer l’impact social des dotations versées. Echanger avec les associations pour mieux comprendre les problématiques et les difficultés rencontrées sur le terrain dans la mise en place et la phase opérationnelle de leurs projets a été très enrichissant.

Nous avons l’intention de répéter cet évènement fédérateur l’an prochain en nous rendant dans l’une des autres grandes régions où le Fonds est beaucoup intervenu en faveur du logement des plus démunis, Lille, Lyon ou encore l’Ile-de-France.

4. Pouvez-vous nous présenter des projets soutenus qui vous ont marquée ?

Les projets liés au numérique sont très intéressants. Le monde associatif foisonne d’idées innovantes pour mettre les nouvelles technologies au service de la solidarité. L’association Singa par exemple, qui, à travers son programme CALM (Comme A La Maison), permet à des particuliers de la société civile d’accueillir chez eux des personnes réfugiées. Ou encore la plateforme de stockage et de partage sécurisé Reconnect de l’association SOS Solidarité, un formidable outil qui offre aux personnes sans domiciles et vulnérables – jeunes errants, grands exclus, migrants - de numériser et de rassembler leurs documents personnels (pièce d’identité, carte de séjour, permis de travail…). La perte des papiers d’identité est une problématique récurrente chez les personnes en situation de grande précarité. Leur reconstitution est très longue alors même qu’ils sont indispensables pour toute démarche d’accès à un logement autonome. Ce « coffre-fort numérique » facilitera l’encadrement des travailleurs sociaux et le relogement de ces publics.

5. Qu’attendez-vous des projets présentés pour l’édition 2018 ?

Nous souhaitons que les acteurs de la recherche continuent sur leur lancée et soient encore très nombreux à nous solliciter. Compte tenu de la nouveauté qu’a représentée cette année l’ouverture de la catégorie numérique, et de la formidable diversité des projets proposés, nous avons hâte de prendre connaissance et d’étudier ceux de l’an prochain.

Enfin, le Fonds souhaiterait pouvoir intervenir dans les territoires d’outre-mer où la problématique du mal-logement se pose avec une acuité particulièrement tragique. Nous devons mieux nous faire connaître des associations locales. J’espère qu’elles entendront notre message et n’hésiteront pas à candidater.

6. Comment le fonds envisage-t-il l’année qui vient ? Faut-il s’attendre à du changement ?

Le Fonds souhaiterait avoir une action plus continue et plus diverse tout au long de l’année. Deux nouveautés sont au programme. La première est un partenariat avec Les Petites Pierres, une plateforme de financement participatif qui nous permettra de solliciter le grand public pour financer ensemble 4 initiatives issues des candidatures de l’appel à projets 2017. Les campagnes et les levées de fonds s’échelonneront entre novembre de cette année et février 2018. Nous apporterons la moitié du budget. L’autre moitié viendra du grand public. De très belles initiatives sont attendues, comme celle de Mobil’Douche qui va à la rencontre des personnes sans-abris vivant dans la rue et met à leur disposition en libre-service tout au long de l’année un camion sanitaire avec douches et toilettes. Je vous invite tous à suivre ces campagnes parrainées par le Fonds de dotation QUALITEL et à apporter votre modeste contribution. Les petits ruisseaux font les grandes rivières !

Nous souhaiterions également amplifier notre action en lançant un second appel à projets en 2018 avec un mécène autre que CERQUAL Qualitel Certification, principal et historique donateur du Fonds, autour d’une thématique que nous aurions en partage. Plus réduit en termes de dotations allouées et plus court, il se tiendrait parallèlement à l’appel à projets du fonds et nous permettrait de mettre l’accent sur l’un de nos axes d’engagement particulier et conjoint avec le mécène. Je profite de cette tribune pour dire aux entreprises qui désireraient s’investir en faveur du logement des plus défavorisés sans savoir quelle forme donner à cet engagement que ce type d’action est idéal pour faire émerger des initiatives solidaires remarquables !