Vers des bâtiments résilients

Le point de vue de Bertrand Delcambre, président de l’Association QUALITEL.

Canicules et inondations plus fortes ou plus fréquentes, épisodes de neige plus soudains… Depuis quelques années, la France subit les premiers effets du changement climatique, avec des événements extrêmes causant la dégradation prématurée de bâtiments et l’altération du confort des habitants. Pour QUALITEL, il est fondamental de progresser dès aujourd’hui sur la question de l’adaptation du parc immobilier, en intégrant la résilience aux projets de construction et de rénovation de logements.

Des bâtiments capables de s’adapter à des événements non prévisibles

Au-delà de la nécessité de réduire leur impact environnemental, il faut désormais construire et rénover des bâtiments pouvant s’adapter à des événements dont la nature et l’ampleur sont inconnues à ce jour. En effet, les logements doivent traverser plusieurs décennies, et seront donc soumis à des conditions climatiques futures difficilement prévisibles mais globalement plus sévères. Appliquer la résilience aux logements, c’est trouver des moyens leur permettant de fonctionner correctement lorsque ceux-ci sont exposés à des aléas climatiques : solutions techniques adaptées, positionnement des équipements, choix de matériaux… L’objectif est aussi que les bâtiments puissent évoluer et être adaptés, via leurs gestionnaires, au fil des crises qu’ils subissent.

La résilience : construire aujourd’hui des bâtiments pour demain

Tous les acteurs doivent aujourd’hui se mobiliser pour mieux anticiper les risques qui pèsent sur les bâtiments. La première étape consiste à prendre conscience de la nécessité d’adapter les bâtiments dès maintenant au changement climatique et à améliorer la connaissance des risques auxquels ils sont soumis.

La stratégie à adopter face aux inondations peut par exemple être améliorée au fil du temps en choisissant des matériaux résistant à l’eau sur les étages concernés et en réfléchissant au meilleur positionnement des équipements, les effets des canicules peuvent être atténués en ajoutant des volets ou des masques sur les façades, la rupture d’approvisionnement en électricité du fait d’une tempête peut être anticipée avec la mise à disposition d’équipements fournissant une électricité locale, etc.

Pour répondre à ces enjeux, QUALITEL a introduit dès février 2018 des exigences en matière de résilience dans son référentiel NF Habitat. Une nouvelle rubrique dédiée met en avant la nécessité d’informer les habitants sur la conduite à tenir en cas d’inondation, de tempête ou de canicule. Cette rubrique repose sur la prise en compte et la priorisation des risques liés aux aléas climatiques, grâce à un outil informatique développé à cette fin. Ainsi, QUALITEL confirme son engagement en faveur de bâtiments responsables en accompagnant les maîtres d’ouvrage dès la conception de leurs opérations de construction ou de rénovation vers des choix durables. Avec la certification, les professionnels bénéficient d’un outil pour proposer des logements assurant à la fois performance, protection et confort aux habitants, indépendamment des aléas climatiques.

 

Bertrand Delcambre, président de l’Association QUALITEL